Tribune des membres de la Droite Rurale

Publié le par Droite Rurale

logo-droite-rurale-haute-resolution.jpgLe 26 octobre 2010, nous, quarante sept députés UMP du monde rural, partant du constat que les territoires ruraux connaissent depuis le début des années 2000 une profonde mutation, avons décidé de fonder ensemble le groupe de la « Droite rurale ».
Après plus d’un siècle d’exode et de désertification des territoires ruraux, la tendance s’est inversée. Les plus petites communes gagnent en moyenne 1,5 % d’habitants chaque année. L’arrivée de nouvelles populations ajoutée à l'évolution de leurs exigences nous impose de repenser les politiques publiques en faveur de la ruralité. Nous devons nous donner les moyens de répondre à la légitime volonté d'accéder aux mêmes services – et surtout à la même qualité de services - sur l'ensemble du territoire national, qu'ils soient d'ordre technique (couverture en téléphonie mobile, très haut-débit …), médical, social, culturel ou autres …  La sociologie du monde rural a profondément changé. A nous, d'adapter nos politiques aux nouveaux enjeux d'une ruralité aujourd'hui délibérément choisie et tellement chérie.
Les nouveaux besoins des territoires ruraux ont été mis en avant lors des assises des territoires ruraux en janvier 2010 et du Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) en mai 2010. Il faut, pour amplifier ce mouvement de repeuplement rural, répondre à ces attentes. En tout premier lieu, nous soulignons l’importance du maintien du socle de services publics, base indispensable pour accompagner et amplifier le mouvement d’installation des nouvelles populations. L’économie rurale doit être favorisée en permettant l’adaptation des normes obligatoires et le maintien des zones de revitalisation rurale afin notamment d’assurer la continuité du commerce de proximité, du monde de l’artisanat et de renforcer l'emploi. L’arrivée de jeunes publics nous impose de redéfinir en profondeur les politiques sociales comme par exemple l’accès aux crèches ou encore d’œuvrer pour l’accès à un débit Internet décent sur l’ensemble du territoire... Enfin, il faut continuer à porter les inquiétudes et les revendications des agriculteurs qui sont touchés par une crise endémique et qui, loin de compter leurs heures de travail, se donnent corps et âme pour leurs exploitations et gagnent un revenu indécent qui ne cesse de diminuer.
Pour permettre ces changements profonds, nous, Députés du groupe de la Droite rurale, nous avons choisi de nous regrouper afin de transposer au niveau législatif ces nécessités. A dix huit mois de la fin de la législature, nous avons décidé de nous unir pour déposer un certain nombre d’amendements lors de l’examen des prochains textes de loi afin de mieux défendre la spécificité des territoires ruraux. Pour commencer, nous serons particulièrement attentifs aux dispositions du projet de loi de finances concernant les modifications du régime d’exonération des zones de revitalisation rurale et nous porterons la réforme salvatrice du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers, miracle social si cher à la ruralité et au Président de la République. Par ailleurs, nous serons aussi très vigilants quant à la bonne application des décisions prises lors des assises des territoires ruraux et du CIADT.
Nous, Députés élus du monde rural, fort de notre connaissance effective de ces territoires, avons la légitimité pour porter leur voix et pour agir en leur nom. Nous avons décidé de poursuivre nos actions, l’Histoire nous offre trop d’exemples de rendez-vous manqués. Pour le monde rural, il est d’une impérieuse nécessité de ne pas rater celui qui s’offre aujourd’hui à nous. Tout comme l’exode rural avait profondément marqué les politiques publiques, nous sommes aujourd’hui à l’aube d’un grand changement que nous devons encourager. Les populations rurales ont trop souvent été les grandes oubliées des politiques nationales. Si nous avons décidé de nous réunir, c’est pour empêcher que cela ne se produise une nouvelle fois. Le groupe de la « Droite rurale » sera, pendant les dix huit mois qui nous séparent des élections de 2012, le porte-parole uni de l’ensemble des composantes du  monde rural afin qu’il soit pris en considération à sa juste valeur dans l’élaboration du travail législatif.

 

Tribune de Pierre Morel cosignée par les députés de la majorité membres du groupe de la "Droite rurale".

Commenter cet article